Dialogue interreligieux

 Il remonte aux premiers siècles du christianisme. St Justin, St Irénée de Lyon et Clément d'Alexandrie, au cours du IIème siècle, ce dernier voyant dans les religions non chrétiennes une préparation divine à la Révélation.

Paul VI

Juste avant Vatican II, le pape Paul VI va publier en 1964 sa première encyclique Ecclesiam suam qui a pour objet l'Eglise en dialogue avec les autres cultures. Il y déclare: « Mais nous ne voulons pas refuser de reconnaître avec respect les valeurs spirituelles et morales des différentes confessions religieuses non chrétiennes; nous voulons avec elles promouvoir et défendre les idéaux que nous pouvons avoir en commun dans le domaine de la liberté religieuse, de la fraternité humaine, de la sainte culture, de la bienfaisance sociale et de l’ordre civil. Au sujet de ces idéaux communs, un dialogue de notre part est possible et nous ne manquerons pas de l’offrir là où, dans un respect réciproque et loyal, il sera accepté avec bienveillance » (n° 112)." 

Cette encyclique débouchera en 1965 sur  la déclaration Nostra Aetate qui traite du dialogue de l'Eglise avec les religions non chrétiennes, ainsi que les religions musulmane et juive affirmant : " L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. "

Jean Paul II

Jean Paul II va continuer dans la voie du dialogue interreligieux en insistant sur la présence active de l’Esprit de Dieu dans la vie religieuse des non chrétiens et dans leurs traditions religieuses.

En Octobre 1986, il invitera à Assise tous les grands responsables religieux du monde entier pour une journée de Prières, ce qui suscita, à l'époque, de vives réactions. Cette journée se voulait un signe de l’unité établie par le Verbe de Dieu entre tous les hommes, conformément à l'esprit de   Vatican II qui souligne les liens étroits existant entre ce à quoi les hommes aspirent et les grands mystères de la foi chrétienne – la création divine, l’Incarnation, le Mystère pascal, l’Église du Christ… –  L’unité du genre humain, qui fait partie du dessein de Dieu, se perçoit dans la vie des hommes et se reflète de manière particulière dans leurs religions. L’Église respecte ces traces (appelées semences du Verbe sans pour autant perdre de vue sa propre identité et la reponsabilité qu’elle a d’annoncer l’Évangile. Elle affirme aussi la valeur unique de la prière de chacun puisque la prière authentique est toujours suscitée par le l’Esprit Saint qui est présent dans le cœur de tout homme. Une seconde rencontre aura lieu en 2002.

En 1991, sera publié par le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux et de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples un document qui expliquera l'importance du dialogue interreligieux et de l'annonce de l'Evangile, mission impérative de l'Eglise: " Le dialogue interreligieux et l’annonce, sans être sur le même plan, sont tous les deux des éléments authentiques de la mission évangélisatrice de l’Eglise. Tous les deux sont légitimes et nécessaires. Ils sont intimement liés mais non interchangeables: le vrai dialogue interreligieux suppose de la part du chrétien le désir de faire connaître et aimer toujours mieux Jésus Christ et l’annonce de Jésus Christ doit se faire dans l’esprit évangélique de dialogue. Les deux domaines, certes, restent distincts mais, comme l’expérience le montre, c’est la même et unique Eglise locale, c’est la même et unique personne qui peuvent être diversement engagées dans l’un et l’autre.(n°77)"

Benoît XVI

Benoît XVI poursuit ce qu'a commencé son prédecesseur à Assise : une journée de prière multireligieuse  dans laquelle tous les groupes religieux parlent à Dieu de leur  souffrance face aux misères du monde et à l’absence de paix et de justice et Lui demandent de leur venir en  aide. Ces représentants interpellent ainsi de manière visible tous les hommes et fortifie la bonne volonté qui est condition de la paix. Ceux qui se rassemblent savent cependant aussi que leur compréhension du « divin » et donc leur manière de s’adresser à lui divergent au point qu’une prière en commun  ne correspondrait pas à la vérité. Aussi prient-ils de façon simultanée mais dans des lieux séparés, chacun à sa manière. « Prier » a évidemment,dans une religion polythéiste ou animiste, une tout autre signification que dans la foi en un Dieu unique et personnel. Cette différence est présentée de telle sorte qu’elle devienne en même temps comme un appel lancé à Dieu pour la guérison de nos séparations.

Le thème de la 44ème journée mondiale de la Paix, le 01 janvier 2011, était : Liberté religieuse, chemin de paix. Le pape a indiqué que le dialogue interreligieux constituait « un instrument important pour collaborer au bien commun avec toutes les communautés religieuses » car « l'Église elle-même ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les diverses religions ». Il a précisé que ce dialogue n'était ni « relativisme » ni « syncrétisme religieux », mais que « selon une expression souvent utilisée par saint Thomas d'Aquin, "toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l'Esprit Saint". 

Concernant Assise 2011, le St Père a annoncé : "En cette année 2011, l’on fêtera le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix que le vénérable Jean-Paul II convoqua à Assise en 1986. C’est la raison pour laquelle, je me rendrai au mois d’octobre prochain comme pèlerin dans la ville de saint François, en invitant à s’unir à ce chemin nos frères chrétiens des diverses confessions, les autorités des traditions religieuses du monde, et de manière idéale, tous les hommes de bonne volonté, dans le but de rappeler ce geste historique voulu par mon prédécesseur et de renouveler solennellement l’engagement des croyants de chaque religion à vivre leur foi religieuse comme service pour la cause de la paix. Celui qui est en chemin vers Dieu, ne peut pas ne pas transmettre la paix, celui qui construit la paix ne peut pas ne pas se rapprocher de Dieu. Je vous invite dès à présent à accompagner de vos prières cette initiative. ".

Dialogue avec la communauté juive

Benoît XVI s'est adressée à la communauté juive de Rome dès son élection. Il considère les juifs comme nos "pères dans la foi" et a visité plus de synagogues qu'aucun pape ne l'avait jamais fait avant lui. Il a même invité un rabbin, le rabbin David Rosen, à s'exprimer dans un synode des évêques le 08 octobre 2010.  Le dialogue n'a jamais cessé de se poursuivre depuis son élection.

Le 11 décembre 2010, une délégation du Congrès Juif Mondial s’est rendue au Vatican vendredi, et a demandé notamment au pape Benoît XVI de « prendre part à la lutte contre la délégitimation d’Israël » . A été aussi abordé l’avenir des relations avec le Vatican ». , ainsi que la récente décision de l’UNESCO de considérer le Tombeau de Rachel comme une mosquée, et la prise de position de l’Autorité Palestinienne « niant tout lien historique et religieux entre les Juifs et le Kotel » (Mur Occidental). Dan Disker, Secrétaire Général du Congrès Juif Mondial, a tenu à rappeler au pape « que l’antisionisme et la délégitimation d’Israël étaient devenus aujourd’hui la forme politiquement correct d’un nouvel antisémitisme ».

Selon les membres de la délégation, « le pape a rappelé son engagement à lutter contre l’antisémitisme au sein du monde chrétien », et il a parlé « de l’importance du travail commun entre Juifs et Chrétiens, reconnaissant l’apport du Judaïsme au Christianisme ».

Dialogue avec les musulmans

 En novembre 2006, Benoît XVI s'est rendu en Turquie, à la mosquée Bleue, devenant le deuxième pape à pénétrer dans un lieu de culte musulman, après Jean Paul II. Il y a rencontré le grand Mufti et ont prié ensemble, cependant chacun selon ses traditions.

En novembre 2008, le Saint Père a reçu, à Rome, les signataires d'une lettre que lui avaient adressé 138 personnalités musulmanes en vue d'ouvrir un dialogue et dans la quelle ils expliquaient leur notion de l'islam, très éloignée de celle donnée par les terroristes.

En mai 2009, Benoît XVI a été le premier pape à se rendre au Dôme du Rocher, sur l'esplanade des mosquées, à Jérusalem. Il y a rencontré le grand Mufti et a tenu un discours où il a appelé à surmonter les conflits du passé et ouvrir la voie à un dialogue "sincère" entre les religions.

Le pape affirme que chrétiens et musulmans en particulier doivent témoigner, dans le dialogue réciproque, de leur foi dans le Dieu unique . ICependant les musulmans ne doivent pas sous-estimer les différences à partir du monothéisme trinitaire décisif pour le christianisme. En défendant ensuite la liberté de religion avec un incessant dialogue, le Christianisme et l’Islam sont appelés à témoigner que chaque forme de violence est par sa nature opposée à l’authentique raison d’être de la religion en tant que telle.

En afrique noire, la cohabitation entre chrétiens et musulmans est bonne, à part lorsque les chrétines se retrouvent en minorité, ce qui demande de renforcer le dialogue entre les deux communautés.

Dialogue avec les bouddhistes

En octobre 2006, le pape Benoît XVI avait  reçu Dalaï-Lama, pour la première fois, en audience. Il s'agissait d'une rencontre privée traitant de questions religieuses diverses. Ce même Dalaï Lama avait précédement recontré Jean Paul II au Vatican, ce à plusieurs reprises.

En mai 2008, Benoît XVI avait encouragé  la collaboration entre catholiques et bouddhistes, dans un discours aux évêques de Thaïlande en visite ad limina, leur exoliquant l'importance de la coopération interreligieuse. 

 En accord avec les bouddhistes, il a encourégé les^évêques chrétiens à promouvoir la compréhension mutuelle concernant la transmission des traditions aux générations futures, l’articulation des valeurs éthiques que la raison peut discerner, la révérence pour le transcendant, la prière et la contemplation. De telles pratiques et dispositions contribuent au bien-être commun de la société et nourrissent l’essence de tout être humain.